Le Parisien
AGENDA | Expos - Peintures

Portraits de Cézanne

Du Mardi 13 juin au 26 septembre 2017
 
Lieu : Musée d'Orsay 75007 Paris
Horaires : Ouverture de 9h30 à 18h du mardi au dimanche et de 9h30 à 21h45 le jeudi
Tarif : De 9 à 12€
Le musée d'Orsay révèle 60 portraits du peintre de la montagne Sainte-Victoire, plus célèbre pour ses paysages et natures mortes. Fascinant.


Article du Parisien par Yves Jaeglé

C'est fou à quel point on a toujours associé Cézanne au vert, celui de ses paysages, de la montagne Sainte-Victoire, des bois, des arbres. Une expo de lui sans vert, à l'exception du fond abstrait d'un portrait de paysan, et sans Provence, ça ne manque pas d'air. On en manque presque, au début. Le musée d'Orsay relève un défi, qui ne l'avait jamais été, à part en 1910, quatre ans après sa mort : une exposition (qui débute demain) constituée uniquement de portraits réalisés par Paul Cézanne (1839-1906).

Aucune trace de la nature. Dégage, le paysage?! Ça fait bizarre. Aucun fruit non plus. Pas de natures mortes. Que du vivant : ses proches, sa mère, son père, son oncle, sa sœur, sa femme, son fils, son marchand d'art, un ami critique, des paysans du coin, et le peintre lui-même. Un Cézanne plus intimiste?? Vite dit. Plus il s'approche d'un visage, plus le peintre le rend énigmatique, complexe, méfiant.

Son épouse pas tout à fait à son avantage



Allons directement à l'essentiel : on s'interroge encore sur l'un des clous de l'exposition, la réunion de quatre versions de M me Cézanne en robe rouge, comme une série, mais que le peintre n'envisageait pas ainsi. Un puzzle en tout cas : ces quatre visions d'un même modèle habillé pareillement, disséminées dans le monde entier, du Brésil à la Suisse, sont réunies pour la première fois. On s'interroge, parce que si les tableaux sont beaux, sa femme ne l'est pas tellement. On ne la dit pourtant pas si laide. Peut-être ne peut-il plus la voir en peinture?? Paul a épousé Hortense, l'un de ses premiers modèles, près de quinze ans après la naissance de leur fils, mais pour l'exiler aussitôt dans le Sud et l'isoler tandis que lui vit sa vie à Paris ou ailleurs. Elle a pris cher, M me Cézanne, et c'est ce que montrent ces peintures : un mélange de dureté, de stupéfaction, de mélancolie, de résignation. Les yeux sont tantôt en amande, tantôt ronds, perplexes. Comme des images successives d'un film.



Cézanne veut faire vrai, et ce n'est pas joli joli : un couple qui s'éloigne. Son génie, c'est que sa femme le regarde autant qu'il la regarde, les yeux interrogent, fouillent. On dit Cézanne tyrannique avec ses modèles : il fallait garder des heures une même pause sans bouger un cil. Certains laissaient tomber, comme le critique d'art Gustave Geffroy, dont les mains n'ont jamais été complètement terminées. Il n'a pas enduré la totalité des séances. M me Cézanne, si.

Par « portraits », on entend souvent « galerie de portraits ». Rien de tel ici, aucune commande, rien qui représente une classe sociale, sinon peut-être celle des paysans ou du jardinier qui posent avec une sorte de stoïcisme dans les dernières salles. Aucune toilette recherchée. A part ce chapeau melon avec lequel l'artiste se représente plusieurs fois. Dans ses autoportraits, Gauguin laisse apparaître ses rêves, sa colère, sa fatigue et sa désillusion. Pas Cézanne, impénétrable du début à la fin, qui nous regarde comme derrière l'épaule, tel un fauve brièvement surpris dans un arrêt sur image avant de reprendre sa course. Cézanne parlait peu, n'embellissait rien, et approfondissait sans fin le mystère humain. Pas seulement la nature. Avant cette exposition, cette humanité - ou inhumanité, cela reste à voir - n'apparaissait pas dans une lumière aussi nette, crue.

Sur mille tableaux, Cézanne a peint 160 portraits, et l'exposition en présente une soixantaine venus de beaucoup de musées américains et européens et de collections privées. John Elderfield, 74 ans, ancien conservateur des peintures du musée d'Art moderne de New York, commissaire de cette exposition qui va ensuite voyager à Londres et à Washington, en caressait le rêve depuis longtemps. Il y travaille depuis six ans. Il n'en fallait pas moins pour faire du neuf sur Cézanne. Face cachée.

« Portraits de Cézanne », musée d'Orsay (Paris VII e), du 13 juin au 24 septembre, de 9?h?30 à 18 heures, tarif 9-12euros, www.musee-orsay.fr.
Catalogue de l'exposition, magnifique, Ed. Musée d'Orsay - Gallimard, 256 pages, 39 euros.

Yves Jaeglé

Contacts
Site internet : www.musee-orsay.fr
Adresse:
Musée d'Orsay - 1, Rue De La Légion D'honneur Paris 75007
Métro/RER : Musée d'Orsay (C)
 
plan adresse Portraits de Cézanne
Cliquer ici pour lancer dans Google Maps
 
Evénement proposé par petudiant | voir la version web
 
Envoyez cet événement à un ami
Lundi 21 août
» soirées
» concerts
» expos
» théâtre
» festival
» salons
» autres/divers
» réductions/PASS
» gratuit
 
Autres dates :
Demain
Ce WE : vendredi 25 / Samedi 26
Choisir une date
Bonnes adresses
Recherche avancée
 
Changer de Ville / Région :
 

Le Parisien Etudiant :
Agenda sortir - Guide des Métiers - Palmarès des Lycées - Actualité
Contacts
 
Les applis tip top du Parisien
© Le Parisien Site complet Nos applis